par Sarah - 0 Commentaires

À l’occasion de la Nuit des Publivores 2018 (le rendez-vous des amoureux du cinéma publicitaire depuis 1981 !), au Grand Rex à Paris le 24 mars, Brainstorming vous fait découvrir son Top 5 des films publicitaires de 2017.

Cette année, la thématique du festival est “Universal Love”. Notre sélection rend hommage au top du top de la publicité et à l’amour, sous toutes ses formes.

Plongez dans la culture publivore avec nous !

Numéro 5 / Quand Cupidon se cache dans votre Smart

En cinquième position, direction l’Espagne avec Mercedes-Benz qui se glisse dans la peau de Cupidon pour faire matcher les #Smartlovers.

> Mercedes : Electric Love (Espagne – 2017)

> Agence : Contrapunto BBDO

Numéro 4 / Complicité mère-fille grâce au plus beau des déguisements

Allegro, le site de vente en ligne polonais, fait fondre notre coeur dans ce spot touchant, qui rend hommage aux mamans.

> Allegro : Masquerade (Pologne – 2017)

> Agence : Bartek, Poland, Warsaw

Numéro 3 / Les dangers du flirt virtuel

Attention aux histoires d’amour sur Internet… les apparences sont souvent trompeuses !
Cette publicité Mexicaine préventive arrive en troisième place de notre top.

> Moviestar : Love Story (Mexique – 2017)

> Agence : Young & Rubicam Mexico

Numéro 2 / Non l’amour ne dure pas toujours…

Si l’amour rend aveugle, la marque Instrumentarium rend la vue. L’agence Cassius est deuxième de ce top avec ce spot décalé !

> Instrumentarium : Eternal Love (Finlande – 2017)

> Agence : Cassius

Numéro 1 / Déclarez votre amour grâce aux packagings de Monoprix

Monoprix fête ses 85 ans et arrive en tête de notre sélection, avec une histoire d’amour qui traverse les années, ainsi que les rayons du supermarché… 😉

> Monoprix : Lait drôle la vie (France – 2017)

> Agence : Rosapark

Top 5 des films publicitaires

Célébrons l’Amour Universel ce week-end avec les Publivores 2018. Et célébrons-le lundi au boulot avec nos collègues, la semaine prochaine avec notre famille, et tous les jours de l’année avec les personnes qui nous entourent.

En 1967, 4 garçons dans le vent chantaient à tue-tête « All you need is love ».
50 ans plus tard, rien n’a changé.

Pour retrouver la sélection du festival des Publivores, rendez-vous samedi 24 mars, à Paris.

Marjorie Besson – Agence Brainstorming

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Lisez cet article en écoutant Touch me par les Doors

Proche d’un art martial comme l’aïkido, le Contact Improvisation est une danse où deux (ou plusieurs) personnes dansent en contact l’une avec l’autre. Leurs corps forment un ensemble se déplaçant librement, s’accordant constamment l’un avec l’autre au fil du mouvement. Difficile à décrire avec des mots, c’est une pratique qui s’éprouve avant tout de l’intérieur et qui s’embarrasse peu de considérations esthétiques. Elle est pourtant un très bon professeur en matière de créativité. Après avoir testé un workshop de Contact Impro, je vous livre trois leçons que j’en ai tirées en matière de créativité.

Leçon n°1. Ce qui dépend de nous.

 

Lors d’un workshop de Contact Impro, vous pourrez expérimenter – ne soyez pas timide ; ) – un exercice en duo pour explorer la dimension martiale de cette danse : l’un des deux danseurs se met en mouvement ; l’autre l’immobilise et l’empêche de continuer ce mouvement. Le danseur immobilisé a le réflexe de tenter, par la force, de continuer son mouvement initial en concentrant toute son énergie pour lutter contre l’obstacle qui s’est mis sur son chemin (en réalité sur ce chemin en particulier).

Danse et créativité, Bainstorming.

Pourtant une autre solution existe (et même une infinité d’autres) en Contact Impro, dont on pourrait largement s’inspirer dans le cadre d’un travail créatif où l’on cherche sans succès une solution : relâcher cette tension réflexe, prendre le temps d’une respiration pour se recentrer puis ouvrir son attention (son regard en Contact Impro) sur d’autres directions à emprunter et d’autres stratégies à adopter. C’est alors non seulement son propre corps mais aussi celui de l’autre qui – instinctivement – se relâchent dans un même mouvement.

Pour celui qui cherche la solution à ce blocage, une nouvelle perspective s’ouvre, initiant un nouveau mouvement capable de déstabiliser l’autre danseur c’est-à-dire capable de changer l’ordre des choses, la configuration du territoire et la distribution des cartes.

Pour résumer le propos en le recentrant dans le champ de la créativité, lorsqu’on cherche la ou les bonnes idées à une problématique de communication, et que l’on se sent bloqué dans une voie sans issue, plutôt que persévérer dans l’erreur ou l’absence de solution, mieux vaut abandonner cette lutte inutile (mouvement 1), prendre le temps qu’il faut pour relâcher la tension et se recentrer (mouvement 2) pour pouvoir s’ouvrir sur de nouvelles perspectives porteuses de solutions (mouvement 3).

Cette démarche n’est pas étrangère à la philosophie d’Epictète distinguant “ce qui dépend de nous” et “ce qui ne dépend pas de nous” : nous devons avoir la clairvoyance de chercher à changer uniquement “ce qui dépend de nous”, autrement dit changer soi-même quand on ne peut pas changer le reste.

Leçon n°2. L’empathie incarnée.

 

L’un des prérequis pour répondre créativement à une problématique de communication, c’est de se mettre dans la peau/tête du destinataire ciblé. “Si j’étais à sa place, qu’est-ce qui m’intéresserait, me serait utile, me toucherait ?”. Lors d’un workshop de Contact Impro, j’ai vécu l’expérience marquante d’être comme invitée par la personne avec qui je dansais à voir à travers ses yeux : dans le mouvement dansé, cette personne a amené ma tête contre la sienne, nos deux visages regardant côte à côte dans la même direction.*

Danse créative avec Brainstorming.

Ce moment a profondément changé la façon dont j’appréhende l’empathie en matière de créativité. La “pratique” empathique (engageant le corps) me semble désormais indispensable en regard d’une empathie théorique (purement conceptuelle). A minima, chaque fois que cela est possible, il faudrait prendre le temps de s’immerger, “corps et âme”, ne serait-ce quand trente minutes, dans le quotidien de son destinataire pour pouvoir prétendre proposer une solution créative pertinente.

Leçon n°3. La créativité, à la croisée de la raison et de l’intuition.

 

Longtemps j’ai éludé professionnellement la question du corps en matière de communication en général et de créativité en particulier. Et pourtant force est de constater que le corps, parce qu’il est fait pour se mouvoir, est un puissant vecteur de créativité dont on sait, publicitairement parlant, qu’elle est de l’ordre de l’énergie, de l’élan, du “saut” (le fameux saut créatif théorisé par Jean-Marie Dru).

Si la créativité n’est pas une fin en soi mais un moyen qui peut être utilisé, entre autres, à des fins publicitaires, elle réside dans cet espace-temps particulier où l’intuition rencontre la raison** pour donner naissance à une idée qui tombera, une fois partagée, sous le sens de chacun(e). Cet effet de sens, fort et fragile à la fois, est précieux par le concours de circonstances – et d’efforts – qui a permis sa réalisation.

Danse et créativité vue par Brainstorming

Si je devais représenter schématiquement la raison, ce serait pour moi la tête méthodiquement et exhaustivement pensante. La raison c’est le laborieux labourage du champ dont on espère que le vent ensemencera la terre d’une graine qui, s’il fait soleil et s’il pleut (heureusement la vie est une succession d’éclaircies et d’orages), verra pousser une idée un peu folle mais tenace qui fera son bout de chemin jusqu’à la lumière (il n’y a plus alors qu’à l’accueillir !).

L’intuition, j’aime me la représenter comme la fille d’une trinité difficile à nommer sans la galvauder : le corps, mais aussi sans doute le coeur et l’esprit ou l’âme. Dans tous les cas, elle est pour moi de l’ordre du vécu, de l’émotion et de la sensation ; en tout cas de l’expérience*** de notre corps en mouvement dans l’espace et dans le temps – bref de l’ordre d’un élan vital.

Parce qu’elle met en mouvement le corps de façon libre et intuitive, la danse improvisée est un formidable moyen pour cultiver ce souffle dont la raison a besoin pour engendrer plus d’idées, de façon plus fluide et moins énergivore. En somme… la créativité à portée de corps !

* Cette brève expérience à la fois simple et extra-ordinaire, je l’ai interprétée et vécue sous cet angle de l’empathie incarnée, car c’est alors ce qui a fait sens pour moi. Nul doute que l’autre danseur l’a vécu et interprété différemment.
** donc la culture
*** donc de la mémoire

© shutterstock Master1305

Louise Charbonnier – Brand Content manager – Agence Brainstorming

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La troisième édition de l’Entreprise du FUTUR a eu lieu le 18 janvier, à Lyon, en présence de près de 5 000 personnes, dirigeants, consultants ou entrepreneurs. Avec une partie village (salon des partenaires), une partie conférence plénière — quelque part entre le talk façon TED et le Keynote de lancement — et plusieurs sessions d’ateliers de co-construction préparées par les partenaires sur des sujets variés, l’évènement était construit pour inspirer, connecter et stimuler ses visiteurs. De cette première participation en tant que dirigeante, je retiens…

Une image : “WASP”

La première chose qui m’a frappé en arrivant dans l’amphithéâtre est la prédominance des costumes : plus d’hommes que de femmes — les chiffres me contrediront peut-être — dans l’assemblée. Sur scène, la parité a été respectée : nous avons pu écouter de brillantes présidentes et dirigeantes. Malgré tout, je n’ai pu m’empêcher de regretter une forme de forte homogénéité sociale. J’aurai aimé écouter le témoignage d’entreprises engagées, par exemple, dans le social business ou davantage de dirigeants d’origines variées. Je suis en train de lire Vers une économie à 3 zéros du prix Nobel Muhammad Yunus, l’inventeur du concept d’économie sociale — ceci expliquant sans doute cela.

Un mot : humain

Les Hommes avec un grand C — comme collaborateurs — ont été le fil rouge de cette édition et le centre de nombreuses prises de parole. On peut résumer la tonalité générale par “oui, nous nous transformons/changeons de paradigme/digitalisons MAIS… l’humain reste-plus-important-que-tout-parce-que-sans-des-équipes-engagées-on-n’arrive-à-rien…”. Emmanuelle Duez était magnifique et particulièrement convaincante dans son discours de ré-engagement des hommes. Sa révolution culturelle m’a semblé un tantinet politicienne, signe que je n’ai pas tout compris et qu’il va donc falloir que je creuse.

Une personnalité : Vineet Nayar

“You look awesome today !” C’est avec ces mots, et après un regard silencieux sur la salle, que le PDG de HCL Technologies a lancé son intervention. Toute la bienveillance qu’ils contiennent s’est épanouie au fil des histoires de ce formidable conteur, et des conseils qu’il nous a donnés pour réussir un projet de transformation.

Vineet Nayar a beaucoup insisté sur la notion de vision. Il nous a notamment raconté qu’en Inde, lorsqu’un enfant naît, la première personne à entrer dans la chambre de l’accouchée est la grand-mère. Selon la coutume, celle-ci saisit l’enfant et donne en deux ou trois mots une vision de ce qui animera le nouveau-né dans son existence. Cette vision inspire l’enfant et son entourage lorsqu’il grandit, puis l’adulte qu’il devient. Exactement comme la vision d’un dirigeant  qui devrait tracer le destin d’une entreprise. En tant que spectatrice, je me suis EVIDEMMENT demandée ce qu’avait dit la propre grand-mère de Vineet à sa naissance. La réponse est ici

PS : À propos… savez-vous qui est le leader économique que Vineet admire le plus ? Muhammad Yunus… !

Vineet Nayar, sur scène, longuement applaudi après son talk.

Une couleur : le bleu French Fab

C’est un coq bleu façon origami qui est devenu le symbole de la toute nouvelle French Fab ! Créé cet automne pour la naissance du label, et fabriqué depuis par l’imprimante 3D de l’entreprise SODISTRA, il a beaucoup d’allant. Moins Poupoule/cocotte — et c’est heureux — que son homologue rouge de la French Tech !

Poule ou coq ? De la French Tech à la French Fab

Une sensation : l’énergie

J’ai ressenti pendant cette journée une grande énergie, je dirai même une forme de frénésie de “faire”, particulièrement palpable dans le village et les très chouettes ateliers de co-création. Combien de milliers de rêves, de visions et de projets flottaient au-dessus de nos têtes comme autant de promesses d’avenir ? (Maire de Champignac*, sort de ce corps).

Le véhicule autonome de BERTHELET, entreprise pionnière dans la mobilité du futur.

Cette énergie s’est parfois perdue lors les « parcours d’expérience” de l’après-midi menés dans les auditoriums. Chacune des trois scènes réunissait une “brochette” de dirigeants, ainsi qu’un journaliste leur passant successivement la parole. Ces présentations “en ligne”, autocentrées et assez institutionnelles — du fait du format — ont profondément endormi certains spectateurs. Vineet Nayar et son art de la parabole m’ont manqué. Une anecdote, le récit d’une rencontre ou d’un échec sont parfois plus riches en enseignements que l’exposition de faits, aussi pertinents soient-ils. Une belle leçon de story-telling, que je n’ai pas fini de méditer…

* Lisez Spirou ! (enfin, surtout les premiers Spirou et Fantasio)

© Chris Fuller

Raphaële BLOT

Directrice Stratégies et Création

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L’écoute du dernier album d’Orelsan « La Fête est finie » m’a sidérée. J’étais en voiture, avec mes garçons ; les morceaux nous ont progressivement plongé dans un état d’intense concentration collective — c’est rare. J’ai ensuite découvert le premier film d’Orelsan « Comment c’est loin ». Le récit d’une inspiration poussive, pleine de doutes et de petites victoires contre la pesanteur de la médiocrité, celle des personnages mais aussi — et surtout — celle du monde qui nous entoure.


Ce film est drôle, sincère et bien fréquenté. Les héros, deux rappeurs — Orel le contemplatif et Gringe l’impulsif — traversent sous nos yeux un processus créatif de 24 heures, soit le délai que leurs deux producteurs leur ont laissé pour terminer au moins une chanson.

Les créatifs, peu importe leur discipline, retrouveront dans ce film plusieurs états ou étapes qu’ils connaissent et traversent :

> la procrastination

C’est l’ajournement de l’action, qui repousse jusqu’aux limites le moment où l’on se met réellement à travailler. Bill Green, créatif et dirigeant de l’agence américaine Flurry, décrit ainsi cette phase :
« Procrastination is my process. I serve at its pleasure, without guilt.
No matter what the deadline – two hours, two weeks or two months –
I can’t jump in and focus on the thing without first doing things wholly unrelated to it. »1

De récentes études2 ont montré que la procrastination est une étape paradoxalement très utile, car elle permet à l’esprit d’emprunter des chemins inédits et de se nourrir.

> le sentiment d’imposture

qui génère le doute : « suis-je légitime, du fait de mon histoire / milieu / parcours / âge / territoire, etc… pour écrire cette histoire / ce film / cette pièce / porter ce projet artistique ? « Qui tu serais pour réussir où tous les autres ont échoué ? Oublie tes rêves prétentieux, redescend sur terre. Ou tu n’en reviendras jamais. » (Si facile. Casseurs Flowters) Dans le processus créatif, le pire adversaire est parfois intérieur…

> l’acceptation d’une forme de différence

qui permet d’affronter l’ordre établi pour dire ou proposer des choses qui ne sont pas acceptables dans la réalité des « bien »-pensants. Et d’assumer une forme de risque dans lequel il n’y a pas de retour en arrière possible. « Si tu ne renonces à rien, tu ne choisis pas. (…) Si tu écoutes les personnes qui dorment, les rêves n’arrivent jamais. » (Inachevés. Casseurs Flowters)
De nombreux critiques ont vu dans le voyage presque immobile des deux héros le portrait d’une génération. Nonchalante. Mollasse. Paresseuse. Au contraire, Orel et Gringe m’ont donné une (claque) leçon de courage. Ils nous invitent à poursuivre jusqu’au bout nos projets créatifs, parce c’est peut-être loin et ce sera sans doute long (« Si c’était si facile, tout l’monde le f’rait »), mais… c’est atteignable.

Raphaële Blot

1/ Generation Création. Creativity in the age of everything. Bill Green / Angela Natividad / Darryl Ohrt. Adverve 2016
2/ Conférence TED du psychologue organisationnel Adam Grant

© Erik Lucatero

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Attention, ce texte va vous parler de mort, avec un petit -m ou un grand -M, mais aussi en anglais (et oui ce sont les rencontres internationales de la photographie) de death avec un petit -d ou un gros doigt. Il va parler de mort, mais pas que puisqu’on parlera aussi de soleil, d’anniversaire, de Marie Darieussecq, d’immortalité, de Jésus, de Monsanto, de banlieues…

En fait, c’est simple, on a bien aimé les Rencontres Internationales de la Photographie en Arles, cette année encore, parce qu’on a :

> rêveusement pensé devant l’exposition de Dune Varela, Toujours le soleil, la photographe qui flingue au sens propre ses photos ou les imprime sur des plaques de plâtre, pour réinventer le medium photographique.

 

> forcément navigué de Hunter S. Thompson à Patti Smith en passant par Mike Jagger et Leonard Cohen, grâce aux photos de Annie Leibowitz, période “early years 1970-1983”.

Hunter S. Thompson par Annie Leibowitz, 1972
Hunter S. Thompson par Annie Leibowitz, 1972

 

> intensément bu les paroles de l’envoûtant Joel Meyerowitz à la diction limpide, parlant de mille et une choses photographiques essentielles, notamment de la façon dont la photographie peut transformer un moment en monument.

Joel Meyerowitz, New York City, 1976
Joel Meyerowitz, New York City, 1976

 

> failli prendre Marie Darieussecq pour une serveuse.

> nuitamment parlé avec Hervé Lequeux de son livre Une jeunesse française, aboutissement d’une création documentaire de longue haleine sur la jeunesse des quartiers populaires et des grands ensembles, des banlieues d’Ile-de-France aux quartiers Nord de Marseille. Hervé Lequeux collabore avec la presse magazine et quotidienne ; il a notamment couvert les révolutions tunisiennes, égyptiennes et libyennes en 2011.

> fragilement écouté les paroles de Samuel Gratacap, en devinant que celui qui parlait devant nous n’était plus tout à fait le même que celui qu’il était en arrivant en Libye, en 2014, pour témoigner du sort de ceux qui fuient la guerre au prix du fifty-fifty (la mort ou la vie).

> chaudement frissonné dans la maison hantée par l’esprit de Roger Ballen, The house of the ballenesque. Si vous ne connaissez pas le photographe Roger Ballen, vous connaissez peut-être son univers grâce à la collaboration entre le photographe et le groupe de musique Die Antwoord sur le clip aux 97 millions de vues I Fink U Freaky

 

> brièvement cligné des yeux devant les néons de David Fathi ouvrant et fermant le parcours de son exposition intitulée Le dernier itinéraire de la femme immortelle, morte en 1951 d’un cancer et dont un échantillon de tumeur fut prélevé par un médecin. Ce dernier fut surpris de constater que les cellules de sa patiente continuaient à se développer, incarnant une forme de vie après la mort.

David Fathi, Le Dernier Itinéraire de la Femme Immortelle, 2017
David Fathi, Le Dernier Itinéraire de la Femme Immortelle, 2017

 

> silencieusement parcouru le chemin de croix tracé par l’exposition de Christophe Rihet, Road to death, qui est revenu sur les lieux où sont morts, à cause d’un bête accident de voiture, des personnalités comme James Dean, Grace Kelly, Albert Camus…

> fatalement flashé devant l’exposition Jesus & Satan et ces ongles travestis de soldats paramilitaires colombiens shootés par Paulo Licona, signes insolites de cette secte adepte de sorcellerie qui défie la mort au combat.

Paulo Licona Jésus & Satan
Paulo Licona Jésus & Satan

> difficilement ravalé nos larmes devant le “massacre silencieux” dont témoigne Pablo Ernesto Piovano avec son travail Fabian Tomasi, the shadow of success. Le photographe a parcouru pendant près de 8 ans les routes argentines pour témoigner des drames humains dû à la légalisation en 1996 d’herbicides contenant du Glyphosate (370 millions de litres par an sont pulvérisés sur près de 60% des terres arables du pays). Le photographe Pablo Ernesto Piovano centre à Arles son travail sur le cas de Fabian Tomasi, 51 ans, ouvrier agricole depuis l’âge de 23 ans, qui diluait puis pulvérisait les produits chimiques par avion.

 

Fabian Tomasi, the shadow of success
Fabian Tomasi, the shadow of success

Atteint d’une polyneuropathie, son quotidien est devenu une longue souffrance (il ne peut plus manger de nourriture solide, ni se déplacer normalement, ni utiliser ses mains) mais aussi une résistance pour faire connaître l’origine du mal. Fabian incarne le “coût humain” qu’engendre la réussite de ceux qui commercialisent et autorisent l’utilisation de ces herbicides. Dans la même veine, l’enquête de Mathieu Asselin sur le drame humain dont est responsable le groupe Monsanto vaut aussi son pesant de cacahuètes anticapitalistes.

> prudemment feuilleté des livres et des livres au Cosmo Arles Books jusqu’à tomber en arrêt devant celui de Jesus Monterde, Nemini parco qui signifie en anglais “I forgive no one”. Devinez qui n’oublie personne en ce bas monde ? Laissons la parole à Alfonso Boix qui postface ce livre magnifique : “Believers, agnostics and atheists have their own ideas about divinities, but none of them can doubt about the existence of Death, a certainty sustained on the fear of seeing, open wide, the door we all will cross one day.

> longuement stagné devant les saisissants “portraits inondés” de Gideon Mendel avec sa série Un monde qui se noie.

Francisca Chagas dos Santos, dans son quartier de Taquari, à Rio Branco (Brésil), en 2015, par Gideon Mendel.
Francisca Chagas dos Santos, dans son quartier de Taquari, à Rio Branco (Brésil), en 2015, par Gideon Mendel.

 

> bien rigolé avec Sowat & Lek qui étaient à Arles pour les 10 ans de Polka.

Le travail de Sowat et Lek, en couverture de Polka
Le travail de Sowat et Lek, en couverture de Polka

© Chery Laithang

Louise Charbonnier – Brand Content manager – Agence Brainstorming