par Sarah Locqueville - 0 Commentaires

Un tiers des déchets plastiques finissent dans la nature à cause de leur mauvaise gestion selon un rapport de WWF. Un problème qui préoccupe de plus en plus les consommateurs qui attendent (notamment) des marques qu’elles réagissent.

Vous les avez sûrement déjà vus, ces joggueurs, sac à la main qui ramassent des déchets au fil de leur parcours. Appelé le « plogging » cette discipline venue de Suède fait des émules chez les sportifs qui veulent réduire le nombre de déchets sur la planète. Contraction de « jogging » et « plocka upp » (ramasser en suédois) c’est l’un des signes de la prise de conscience généralisée de l’avancée du désastre écologique.

Au rythme où nous produisons, consommons et jetons nos déchets plastiques, l’océan devrait en compter plus que de poisson d’ici 2050 selon une étude du Forum économique mondial. Il faut agir, mais plus seulement après la catastrophe : en amont. Surtout quand on sait, comme nous le rappelle WWF avec son streaming le plus long du monde qu’une bouteille en plastique met plus de 1000 ans à disparaitre.

Les gouvernements commencent à agir

Les sacs plastiques à usage unique sont interdits en France depuis le 1er juillet 2016 en caisse et depuis le 1er janvier 2017 en dehors des caisses (pour les fruits et légumes en vrac par exemple). Si l’on en voit encore dans des petits commerces ou sur les marchés, leur usage a été considérablement réduit depuis cette loi en 2 temps.

Toutefois, elle n’a pas vraiment réglé le problème du plastique, car si les sacs distribués doivent être réutilisables (donc plus épais, 50 microns minimum) rien n’oblige à leur donner une seconde vie en les réutilisant ou en les recyclant.

Avec la volonté de changer radicalement les comportements et pour diminuer le nombre de déchets issus des produits plastiques, une loi déjà votée par le Sénat prévoit l’interdiction des gobelets, verres et assiettes jetables en plastique d’ici le 1er janvier 2020 et celle des pailles, couverts, touillettes, bouteilles et emballages d’ici le 1er janvier 2021.

Une vague zéro-plastique déferle sur toute l’Europe qui a également voté l’interdiction pour l’horizon 2021 et traverse les frontières jusqu’en Australie ou à Bali où l’initiative de deux jeunes sœurs militantes a convaincu le gouvernement de se prononcer contre le plastique à usage unique.

Les marques n’ont plus le choix

Certaines grandes marques comme Adidas accélèrent la recherche. Sa Futurcraft Loop recyclable est prévue pour 2021. C’est la première chaussure de course qui pourra être entièrement broyée pour connaître une seconde vie. Une innovation révolutionnaire rendue possible par 6 ans de recherche pour mettre fin au gaspillage du plastique.

D’autres comme Starbuck ont commencé la transition en supprimant progressivemement les pailles de ses cafés pour les remplacer par des gobelets à bec 100% recyclables. Mais l’interdiction qui entre en vigueur en France n’autorisera que la vaisselle compostable et constituée en tout ou partie de matières biosourcées (obtenues à partir de matières premières renouvelables issues de la biomasse comme les végétaux par exemple). Il faut donc passer la vitesse supérieure.

Starbuck modifie ses gobelets comme alternative aux pailles en plastique
Les nouveaux gobelets Starbuck disponibles depuis début juillet 2018

Une vague écolo fait du bien à la planète, mais bouscule les marques qui risquent de boire la tasse tant elles utilisent le plastique. Alors que faire face à cette interdiction ?

– Concevoir de meilleurs déchets en misant sur les bio plastiques à base d’algues comme ceux mis au point par Margarita Talep selon une méthode 100 % naturelle. Ces emballages respectueux de l’environnement mettent seulement 2 à 4 mois à se décomposer selon leur épaisseur et la température contre 100 à 1000 ans pour les emballages en plastique.

Le bioplastique, une nouvelle alternative au plastique à usage uniqueLes packagings en bioplastique

Le bioplastique, une nouvelle alternative au plastique à usage unique

Ou en utilisant des matériaux biodégradables comme l’entreprise indienne Bizongo qui a repensé les plateaux de ses restaurants. Pour leur fabrication, elle utilise désormais 71% de féculents de maïs.

Les plateaux en fécule de maïs pour limiter les déchets
Des plateaux en fécule de maïs pour réduire les déchets

 

– Utiliser des déchets comme matière première pour contribuer à l’effort écologique comme Stella McCartney ou là encore Adidas qui ont travaillé avec l’association environnementale Parley For The Ocean pour concevoir des vêtements faits à base de plastique récupéré dans les océans.

Adidas s'associe à Perley pour réduire les déchets plastiques
Adidas X Perley juin 2018

C’est aussi le cas du savon method, première bouteille faite à partir des déchets marins. Une manière intelligente de dépolluer mers et océans.

Les emballages à partir de déchets marins pour réduire la plastique
Les emballages à partir de déchets marins

– S’affranchir du packaging en misant sur le vrac qui séduit de plus en plus les consommateurs, ou en s’associant à des initiatives zéro déchet existantes comme celle de Loop. La start-up a lancé une plateforme permettant de commander des produits du quotidien livrés dans un emballage consigné. Elle vient de nouer un partenariat avec Carrefour pour distribuer ses produits en France, dans un premier temps seulement à Paris petite couronne via le site maboutiqueloop.fr.

Loop permet aux marques de renouer avec la consigne et réduire le plastique
Les packagings consignés de Loop

– Mettre en place des programmes de retour et recharge comme Sephora qui permet aux consommateurs d’économiser 20% sur leur nouveau parfum en réutilisant leur flacon.

Sephora et la consigne pour réduire les déchets
La consigne chez Sephora

Les marques doivent trouver des solutions dès aujourd’hui pour prendre une longueur d’avance. Cela leur permettra de séduire ceux qui disent stop au plastique en cherchant à mieux consommer et contribuera à préserver notre planète qui en a bien besoin.

Plus largement, c’est la notion même de déchet qui pourrait disparaître si nous changions nos méthodes de production pour revenir à l’essentiel en s’inspirant de ce que créent la terre et le vivant.

SOURCES :
Plastique à qui la faute ? Rapport WWF de 2019.
The New Plastics Economy, étude du WEF de 2016.

© : FridaysforFuture ; dezeen ; Starbuck ; Adidas ; MaboutiqueLoop ; method ; Sephora ; Ink Drop on Shutterstock.

Sarah Locqueville

Sarah Locqueville

Content Manager Diplômée de Sup de Pub en planning stratégique et contenu de marque, Sarah s'occupe depuis 2016 des stratégies de contenu pour l'agence et ses clients, tout en décryptant les tendances pour anticiper demain.